Les ateliers "philo"

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► Principe premier

L’enseignant se limite à faire travailler les élèves et non à travailler à leur place. Le débat ne doit pas s’installer entre eux et lui : situation dans laquelle l’enseignant a toujours le dernier mot puisqu’il défend une thèse qui fait autorité. Il s’agit bien d’amener les élèves à débattre entre eux. 
L’enseignant garantit la forme, énonce l’enjeu d’un tel débat, apprend à déléguer les responsabilités aux élèves. 

► Second principe

Une question philosophique n’a pas de réponse unique, la réponse est complexe et chacun en possède un petit morceau ; les morceaux s’ajoutent et s’articulent, et sont parfois de nouvelles questions. Il n’y a ni bonne, ni mauvaise réponse. Il n’y a donc ni bon, ni mauvais élève, même s’il y a des élèves qui s’expriment de façon plus compréhensible que d’autres, même si c’est de manière très simple.

Instituer la classe en « communauté de recherche » où tous se saisissent d’un problème crucial pour notre condition afin de « penser ensemble séparément », et de « vivre ensemble en réfléchissant » ne va pas de soi.

  • parce que du côté de l’élève l’on est dans un cadre scolaire, normé doublement par l’enseignant et le groupe de pairs, où s’autoriser à dire et à penser n’est pas spontané, tiraillé entre le phantasme d’être dans le désir du maître par la bonne réponse, et la peur de fayoter auprès de ses camarades ;
  • parce qu’il est périlleux de risquer sa « face » (Goffman) en dévoilant le « privé » de sa pensée intérieure (traduire prendre la parole en public), qui peut être critiquée, atteignant ma personne ;
  • parce qu’il est ardu de discuter à plusieurs, emporté par les affects de l’interaction sociale verbale, où l’on a tendance à se couper sans écouter, à vouloir avoir raison (de l’autre) ;
  • parce qu’il est difficile de douter de ses certitudes, de se mettre dans une attitude de recherche au lieu d’affirmation et d’opposition, de sortir du cadre égocentrique et limité de sa pensée, d’accepter des objections, de les intégrer de façon constructive pour nuancer sa pensée.

Les discussions philosophiques tendent à permettre à l'élève de :

Penser par soi même

  • faire des expériences de pensées (A. DELSOL),
  • adopter un geste mental (A. DELSOL),
  • transformer ses affirmations en questions,
  • développer les facultés de la problématisation, de la conceptualisation et de  l'argumentation (M. TOZZI).

Se préparer à la citoyenneté

  • comprendre le monde,
  • réfléchir aux responsabilités qu'impliquent la vie de la cité et le souci du bien commun,
  • s'interroger sur le sens et les principes de l'existence individuelle et collective.

Développer l’image de soi

  • stimuler la curiosité (M. LIPMAN),
  • répondre au désir de connaissance (M. TOZZI),
  • répondre au désir de se connaître (M. TOZZI),
  • s'épanouir personnellement dans la reconnaissance de sa singularité et de sa personnalité (M. OLLIER ),
  • découvrir la capacité d'émettre des pensées personnelles sur les grands problèmes de l'humanité (J. LEVINE ).

Travailler à plusieurs

  • se confronter à divers avis,
  • contredire les idées des autres,
  • entendre les opinions de l'Autre,
  • accepter la critique comme une opportunité de mieux fonder sa pensée (M. TOZZI),
  • participer à un partage de responsabilités pour une oeuvre collective.

Optimiser les acquis scolaires

  • développer la maîtrise de la langue (Vocabulaire et oralité) (M. OLLIER),
  • se référer à des raisonnements logiques (M. OLLIER).