Le débat en classe

Vous êtes ici

Prendre la parole en classe pour apprendre à expliquer, argumenter, s’appuyer sur ce que dit un texte, mais aussi à exprimer sa pensée.

Depuis 1985, l'acte de compréhension est intégré à celui de lecture. L'entrée explicite de la littérature dans les programmes 2002 fait apparaître de nouveaux concepts dont celui de l'interprétation. Les notions de compréhension et d'interprétation sont très complexes. Il n'y a pas de compréhension fine sans interprétation.

Pour cela, le lecteur doit effectuer plusieurs mises en relation :

  • Mise en relation des unités du texte, de la plus petite (le mot) à la plus grande (le texte), mise en relation extérieure au lecteur.
  • Mise en relation avec d'autres textes: réseaux intertextuels qui permettent au lecteur de mobiliser ses connaissances sur les textes déjà lus pour mieux comprendre le texte qu'il lit,  mise en relation extérieure au lecteur.
  • Mise en relation avec ce qu'est le lecteur lui-même. Lecteur est actif, il construit un nouveau message à partir du déjà-là, du texte écrit, mise en relation intérieure au lecteur.

Le texte est immuable mais la lecture qui en est faite ne l'est pas. Elle dépend de l'âge du lecteur, de ses affects, de sa maturité, de ses intérêts, de la situation, de ses compétences, de ses options idéologiques, psychologiques.

Les textes littéraires sont tous lacunaires (ce n'est pas la vie). Ils ménagent des blancs que le lecteur doit remplir. L'auteur choisit de mettre l'accent sur certains éléments et de ne pas tout dire. La compréhension fine signifie que le lecteur est capable de comprendre l'implicite d'un texte, de faire des inférences, d'établir des relations d'un moment à un autre du texte. Tout texte se construit sur l'expérience du lecteur. On est toujours, en littérature, en train de faire des inférences, plus ou moins complexes.
C'est pourquoi, dès le cycle 1, l'enseignant doit lire aux élèves des textes qui demandent des inférences et la réactivation du vécu de l'enfant.

Le fait de réfléchir ensemble permettra d'arriver à une compréhension plus ou moins homogène, selon la liberté laissée par l'auteur. On passe, pour arriver à cela, par des phases qui vont permettre à chacun de mobiliser ce qu'il connaît, ce qu'il croit, les rapprochements qu'il effectue. Toutes les discussions mises en place par l'enseignant mènent d'abord à penser qu'un même texte peut être interprété de multiples façons, puis, le retour au texte sera nécessaire pour légitimer ou non ce que chacun dit.
Ce qui est important, dans la compréhension c'est moins le résultat que les étapes d'appropriation du texte par lesquelles passent les enfants.

En aidant les enfants à confronter leur interprétation du texte, le maître amène les élèves à prendre conscience qu’il y a des polysémies possibles dans le texte et provoque l’enrichissement de la vision de chacun par celles des autres. C’est cette coopération entre les lecteurs aidés par l’adulte, lecteur expert mais aussi celle déjà installée implicitement entre l’auteur et le lecteur qui permet d'élaborer la compréhension.