Animation & Education n°265-266

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Quel sens des savoirs à l’école ?

Ce dossier revient sur l’un des trois axes, intitulé « Les apprentissages en coopération : engager le rapport aux savoirs », de l’Université d’automne de l’OCCE que nous avons choisi ici de traiter de manière très large comme en témoignent les différents apports des personnes qui concourent à ce numéro de la revue.
Cette problématique pédagogique conséquente impose la précision des mots ! Que signifie « engager le rapport aux savoirs » ? 
Il est convenu d’entendre, tout au long de la lecture du dossier, « savoir » au pluriel (il pourrait aussi s’écrire avec un –s majuscule à l’initial) car tout pédagogue, avec ses élèves, est aux prises avec trois types de savoirs* :

  • La connaissance, l’expérience sensible, la mémoire, le jugement ;
  • Le savoir inconscient qui va conduire à mon insu mon comportement, mes lapsus, mes rêves ;
  • La grammaire des discours : les manières de dire le monde et de le penser.

Chaque sujet humain entretient avec tout ce qui relève de « l’apprendre » et du savoir un ensemble de relations disparates, socialement situées. Dans La Reproduction, Bourdieu et Passeron (1970) utilisent stricto sensu le « rapport au langage et au savoir » pour expliquer que c’est ce rapport qui permet de comprendre les mécanismes de reproduction sociale et l’inégalité sociale face à l’Ecole. 
Le rapport aux savoirs se construit dans une interaction dynamique entre la pensée, l’action et l’environnement de la personne, et la notion d’efficacité personnelle à apprendre est au cœur de cette construction. Ce ne sont pas les savoirs seuls qui sont émancipateurs. La posture avec laquelle on les aborde, la façon dont on se situe par rapport à eux et ce qu’on en fait participent à l’émancipation. 
Engageons alors le rapport aux savoirs ; revisitons le sens (la direction) du prescrit institutionnel et considérons que ce sont aussi les modalités selon lesquelles, enseignants, formateurs et élèves, donnent sens  (la conception) à la scolarité et interprètent les situations scolaires qui sont à l’origine de « l’échec » ou de la « réussite » scolaire. 
C’est bien à cela que nous invite la lecture des articles qui suivent. Bonne réflexion et bonne rentrée.

Véronique Baraize
Déléguée générale pour la Fédération OCCE

*d’après Roland Gori, Diversité n°192

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