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Classe inversée : l’éducation nouvelle 2.0

Effet de mode ou engouement réel et durable pour cette modalité d’apprentissage, la classe inversée intéresse de plus en plus de praticiens, formateurs, chercheurs, pédagogues, éducateurs. De nombreuses idées reçues, vraies ou fausses, circulent à son propos, notamment cette définition simpliste : « Les cours à la maison, les exercices en classe ».

Alors, classe inversée, de quoi parle-t-on ? Est-ce une pédagogie nouvelle ou un procédé d’apprentissage supplémentaire dans la boîte à outils pédagogiques des enseignants ? Quel intérêt pour les enseignants et les élèves ? Quel lien entretient-elle avec les pédagogies coopératives ? En quoi la classe inversée rend l’enfant auteur (concepteur) de ses apprentissages ? Concrètement, comment fonctionne-t-elle ? Il n’y a pas de réponse unique à cette dernière question car comme le montrent tous les témoignages réunis dans ce dossier, il n’y a pas UNE mais DES classes inversées. Cependant, même si les pratiques diffèrent, des points communs se dégagent :

  • Les activités simples sont menées en autonomie et les tâches complexes, exigeant plus d’interaction, d’explications, d’entraînement sont abordées en classe,
  • La classe inversée n’est pas une pédagogie, c’est une pratique, un outil, une modalité d’apprentissage induisant un changement de posture de l’enseignant : il passe du « face à face » au « côte à côte ».
  • La classe inversée n’est pas une pédagogie nouvelle mais une porte d’entrée vers des pédagogies actives, coopératives, institutionnelles, Freinet déjà existantes, leur donne plus d’ampleur et les actualise par l’usage accru des outils numériques. C’est, pourrait-on dire, l’éducation nouvelle 2.0.

Ce dossier, réalisé avec l’aide d’Héloïse Dufour, présidente fondatrice de l’Association « Inversons la classe » et de plusieurs de ses membres, entend :

  • supprimer les représentations incorrectes sur la classe inversée en expliquant ce que c’est ;
  • montrer, par des exemples concrets, comment cette modalité se met en oeuvre : démarrer, progresser, inverser, renverser !
  • expliquer pourquoi des enseignants choisissent cette pratique entraînant un changement de posture : centrés sur l’apprendre, les enseignants vont multiplier les interactions propres à favoriser les ajustements successifs des conflits cognitifs et sociocognitifs ;
  • exposer en quoi cette pratique permet de différencier la pédagogie et ainsi de lutter contre les inégalités ;
  • mettre en évidence le lien avec les pédagogies actives et coopératives ;
  • enfin interroger la pertinence de cette pratique pour la formation initiale et/ou continue des enseignants. Un programme ambitieux donc pour une modalité d’apprentissage qui ne l’est pas moins !

Marie-France Rachédi