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Nouveau cycle 3, quels impacts pédagogiques et humains ?

Numéro de mars - avril 2016

 

Une Ecole inclusive pour TOUS les élèves, voilà l’objectif majeur de la loi du 8 juillet 2013 pour la refondation de l’École de la République. La modification des cycles d’apprentissage (quatre cycles aujourd’hui) s’inscrit dans la transformation du paysage scolaire en cohérence avec le nouveau socle commun, les nouveaux programmes d’enseignement, la réforme du collège… La logique de cycles repose sur la volonté de favoriser le développement d’une pédagogie différenciée et de parcours de formation diversifiés.

C’est surtout le nouveau cycle de consolidation, CM1-CM2-6ème, liant l’école élémentaire et le collège, qui risque d’entraîner une petite révolution à la fois pédagogique et humaine.

Ce cycle 3, dont l’un des défis est la fluidité du parcours des élèves pour éviter la rupture souvent dommageable entre le primaire et le secondaire pose, en effet, des enjeux didactiques, pédagogiques, organisationnels : comment concilier deux mondes aux cultures professionnelles différentes ; renforcer la cohérence des progressions et des évaluations, harmoniser les démarches, concepts, références ? Comment transformer les modes de fonctionnement du système éducatif pour permettre des échanges de classes ou de services d’enseignants ? Comment proposer des stages de formation communs ? Comment rapprocher le pilotage des écoles et celui du collège ? De nombreux établissements des premier et second degrés, notamment dans le cadre de «  réseaux ambition-réussite », n’ont pas attendu la réforme et la création du nouveau cycle pour expérimenter et mettre en place des actions communes. Les obstacles existent mais ils ne sont pas insurmontables. Comme en témoignent, dans ce dossier, les reportages et les différents intervenants (Inspectrice de l’Education nationale, Formateur, Enseignant-Chercheur, Professeur-e-s des écoles, Professeur-e-s de collège et lycée…), tout est question de motivation et de volonté : « Qui veut faire quelque chose trouve un moyen. Qui ne veut rien faire trouve une excuse. » 

L’essentiel est, encore une fois, de déterminer quelle Ecole nous voulons : une école élitiste qui exclut et laisse 140 000 jeunes sur le bord de la route ou une école inclusive, bienveillante, capable de permettre à tous les élèves de mieux apprendre pour mieux réussir ? Des réponses dans ce dossier.

Marie-France Rachédi