Des ressources pour les enseignants #9

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« Ce qui ne te tue pas te rend (plus?) fort ». 

"Ce qui ne me tue pas me rend plus fort" : à l'origine d'un slogan pop 

C’est un adage proposé par Nietzsche, que nous traduisons populairement par “les épreuves peuvent nous fortifier”. Oui, mais encore faut-il que le coup ne soit pas trop violent ou trop récurrent, et que nous ayons en nous ou autour de nous des « facteurs de résilience ». C’est-à-dire des ressources qui permettent le développement de qualités favorisant la résilience.

Dans cet article " La résilience, reflet de notre époque ", il est écrit que « … les catastrophes et les épreuves font malheureusement partie de la vie et [qu’] il vaut mieux y être préparé si on veut survivre et continuer de mener une existence digne d’être vécue ». Le principe de résilience, développé par Boris Cyrulnik comme « un processus qui se met en place chez certaines personnes leur permettant de rebondir, de « renaître » après un traumatisme ou une expérience négative », y est décrit de façon tout à fait accessible et explicite.

Dans l’acte d’enseigner il est nécessaire de miser sur les talents, les qualités des enfants et jeunes, des élèves, pour les stimuler dans leurs apprentissages. Dans cette situation de crise sanitaire, il paraît opportun de  « le rendre lui-même porteur de cette vision positive et stimulante de lui-même », pour la qualité de ses apprentissages mais aussi pour sa qualité de vie.

Marie Anaut, dans son livre " l’Ecole peut-elle être facteur de résilience ? ", nous dit que la résilience est entendue comme la mise en œuvre d’une capacité à se construire avec les autres, dans un processus de liaison. « En effet, la résilience est loin de se réduire à une caractéristique personnelle que l’individu posséderait ou non. On peut l’appréhender comme un potentiel présent chez tout un chacun (Lemay, 1998 ; Manciaux et coll., 2001) qui passe par la capacité de se construire dans le lien à l’autre. ». De plus c’est un processus en co-construction permanente. « Il résulte d’un échange interactif et multifactoriel, situé au croisement entre l’individu, la famille et l’environnement social (dont le contexte scolaire particulièrement important durant l’enfance et l’adolescence) ».

Nous voyons donc l’importance que l'École, les enseignants, les éducateurs, peuvent avoir dans ce processus. Ainsi, en développant l’estime de soi et des autres, le sens des responsabilités, la capacité à exprimer ses émotions, à communiquer selon les principes de la CNV, à reconnaître ses qualités et celles des autres, à coopérer, nous pouvons bâtir la trame du processus de résilience. Ou au moins l’accompagner.

Un des principes de la coopération est la joie de faire ensemble. Alors coopérons dans la joie !

 

→ Imaginer et penser l’après-crise.

Le 26 mars 2020, Boris Cyrulnik  esquissait une voie à emprunter pour éviter de revivre un tel traumatisme : oser imaginer un modèle de développement différent, y compris dans l'École.  Boris Cyrulnik : "Être résilient, c'est aller vers un nouveau développement"

Autres interventions de sa part  :

 

→ L’OCCE propose des premières ressources au quotidien dans l’Agenda coop

 

→ Mieux connaître les émotions

Les émotions constituent un phénomène d’une grande complexité. Mieux les connaître et en tenir compte pour créer un environnement le plus favorable possible aux apprentissages peut constituer une piste de développement professionnel pour les enseignants. Ce document de travail, élaboré dans le cadre du projet Erasmus+ LabSchoolsEurope, a pour vocation d’y contribuer en présentant des éléments de recherche sur le thème des émotions. Il s’inscrit dans un dispositif de recherche-action menée sous l’égide de la CARDIE de Paris avec l’équipe pédagogique d’une école maternelle du 19e arrondissement : « Aide-moi à apprendre avec mes émotions ».

« …à l’école, la journée d’un enfant est jalonnée d’émotions de toutes sortes, qu’elles soient liées à l’acquisition de connaissances — de l’enthousiasme de la découverte à la peur de se tromper — ou aux interactions avec ses pairs et avec ses enseignants et enseignantes. Indiscutablement, ainsi que fait observer L. Cosnefroy, (2011) :« la cognition ne peut être séparée de la motivation qui la génère et des émotions qui l’accompagnent » (2011). C’est pourquoi il est si important d’accompagner les élèves dans la découverte de leurs émotions, afin qu’ils apprennent progressivement à les identifier, à les nommer, à les réguler et à en faire le meilleur usage possible, durant l’ensemble de leur scolarité, mais aussi plus tard, dans leur vie personnelle et professionnelle. »

 

→ Accueillir les émotions. 

Des enseignants partagent leurs pistes sur le site Profs en transition. En précisant qu’il est « indispensable d’accepter que nous ne soyons ni des psychologues, ni des surhumains, mais simplement des acteurs de l’éducation qui doivent assurer la reprise de l’école et de la vie sociale avec ce qu’ils sont et les moyens à leurs dispositions », ils proposent d’être attentifs à la question de la sécurité affective.

 

→ Repérer et développer ses forces

Le jeu Kalia 

Pour activer le principe de résilience en jouant à définir ses qualités et celles des autres. L’objectif du jeu Kalia est d’inviter vos élèves, les enfants et jeunes de votre entourage, à identifier deux qualités qui leur sont propres, puis de chercher comment les développer. Ensuite, de repérer en quoi ces qualités vont les aider à vivre au mieux cette période difficile, comment ils vont pouvoir en sortir plus forts et plus heureux.  Il serait aisé d’y revenir de temps à autre, pour échanger, recueillir les ressentis, les émotions... Et ainsi développer l’estime de soi et des autres, l’expression des émotions, la reconnaissance de ses qualités et de celles des autres, la coopération. En effet, ce sont des facteurs de résilience. 

♦ Jeu Kalia | Règles du jeu
♦ Jeu Kalia | Notice explicative
 

→ Rassurer

Un album qui aborde le thème de la violence verbale, des tensions dans la communication et les relations parents/enfants provoquées par les difficultés de la vie, avec tendresse et pudeur. Il rappelle qu’on oublie parfois d’être attentifs à nos proches, et témoigne qu’il faut leur dire qu’on les aime. Cet album peut être lu en classe, suivi d’une discussion pour permettre aux enfants d’exprimer s’ils ont vécu de telles tensions pendant le confinement par exemple, et leur expliquer que les parents sont parfois “énervés” à cause de facteurs extérieurs, mais qu’ils les aiment. A la fin de l’histoire, cette maman chat comprend l’intérêt d’exprimer son amour à son enfant malgré sa tristesse, et change son comportement : pourquoi donc ne pas organiser un prêt de cet album au sein des familles de vos élèves ? afin de sensibiliser les parents également..

N'oublie jamais que je t'aime par Didier JEAN et ZAD, aux éditions Utopique.

 

→ Comprendre le vécu du confinement

Du bien-être dans le confinement ? Ce que cette épreuve a fait naître, a révélé, comme positif d’après 600 élèves interrogés dans l’article de Pascale Haag : " Du bien-être dans le confinement? " à lire dans le Café Pédagogique.

Hector et Sidonie racontent comment ils ont vécu le confinement et le déconfinement dans la webradio de l’OCCE, PiLi :  Capsule n° 8 de PiLi#9

 

→ Donner du sens, et du sens positif

Des pistes de compréhension des mécanismes de résilience chez l’enfant, et des amorces d’activités par une psychologue canadienne, qui reprend les principes les plus importants pour proposer une approche complète de la résilience chez l’enfant.

Le document "favoriser la résilience et la santé mentale des enfants" présente des stratégies utiles pour accroître la résilience et le bien-être des enfants. Bien que le sommaire mette l’accent sur des stratégies centrées sur l’enfant, il est aussi important de prendre en considération l’influence que les facteurs extérieurs, exercent sur la résilience.

 

→ Préparer le retour à l’école

Des ressources bien-être pour retrouver le groupe et “repartir” individuellement et collectivement, élaborées par le groupe des formateurs bien-être de l'Académie de Dijon. Jérôme Destaing, IA-IPR de Lettres, Olivier Lopez, IA-IPR EVS, référents académiques bien-être.

Vous trouverez des ressources pour relaxation, le jeu des compliments, des activités audio et des propositions artistiques à mener avec différents publics.

 

→ Exploiter la structure des contes pour en tirer un apprentissage.

(Re)travailler les contes, c’est favoriser le mécanisme de résilience, car tout cruels qu’ils puissent être, ils induisent après la perturbation de la situation initiale, un cheminement qui provoque la transformation du personnage principal et le retour à un état pacifié.

Des formes parodiques permettent ensuite, à partir d’une culture littéraire commune, de désamorcer les tensions, ou au contraire, d’en exacerber les traits poignants pour mieux les tourner en dérision.

Vous trouverez toute une bibliographie dans ce sens dans Détournements, adaptations, parodies, réécritures, réappropriations, transpositions, variations, mélanges de contes.

Pourquoi ne pas varier les supports et s’écarter de la forme traditionnelle, en ayant recours à un média visuel? 

Pour les plus petits, un film ludique plein de clins d'oeil pour verbaliser et repérer les clés de lecture. " Dans Isabelle au bois dormant " par Claude Cloutier, un court-métrage d’animation dessiné à l'encre de Chine, le réalisateur met en scène un conte de Perrault dans un univers disjoncté et ludique. Le film raconte l'histoire d'une princesse victime d'une violente crise de narcolepsie et clouée au lit. Le roi mobilise ses sujets pour réveiller la Belle, et tous répondent à l'appel. Mais suffit-il vraiment d'un baiser pour que le Royaume surmonte une telle crise? La morale de cette histoire? Tout vient à point à qui sait se détendre.

Au collège, vous pouvez également vous inspirer d’un SCÉNARIO PÉDAGOGIQUE pour faire du lien et inviter à la créativité littéraire à partir du même format.

Pour les plus grands, la littérature moderne regorge de parodies, qui se glissent jusque sur les réseaux sociaux et investissent la bande dessinée, à l’image des planches de Cinémastock et Rubrique à Brac de Gotlib: Le conte traditionnel repris et parodié.

 

→ Pour éviter de recouvrir la cécité et la surdité d’avant confinement

Depuis le 11 mai la vie reprend doucement son cours. Ici et là les écoles rouvrent ; des élèves et des enseignants retrouvent leur salle de classe et leur cour de récréation mais pas tout à fait comme ils les avaient laissées au mois de mars.

Déjà des bruits, des sons anciens reviennent et couvrent ceux que la nature nous a offerts pendant le confinement. 

Pendant cette période inédite, depuis une fenêtre, au pied d'un immeuble, dans le terrain attenant à une maison, dans un parc ou un espace vert, il était possible de sentir le tempo, le rythme de la végétation et des animaux qui avant semblaient invisibles, absents. Cette perception des battements de la nature fait du bien à l’esprit et au cœur. Elle permet de faire le vide, de se recentrer sur l’essentiel, le plus important. Elle aide à se sentir présent, vivant. Elle aide à retrouver une place dans la nature. 

Il serait dommage d’oublier ce que cette parenthèse forcée a offert. Alors à côté des matières fondamentales que l’école se doit d’enseigner, nous pensons qu’il est important pour vous et pour vos élèves de sortir de classe, sortir de l’école pour retrouver ce qui a pu être apprécié par la plupart d’entre nous et dont les vertus sont à faire découvrir, partager avec les autres.

♦ Proposition « Pour rester conscient de ce qui nous entoure et agir différemment en conséquence pour construire un monde durable »