Courriel poétique #10

Vous êtes ici

Jour 10

Le poème de Carl Norac en écho à l'illustration de Cécile Gambini
 

Nous avons tant rêvé de Chine chez nous, sur le mur du jardin pas bien long et pas solide du tout.
Au pied de notre muraille, dans le potager, notre chien ne nous regardait pas en train de rêver, crier, sautiller.
Il observait sérieusement le lointain, rien que le très loin.
Tandis que nous aboyions de rire, lui se voyait ailleurs, vraiment là-bas, poète comme le grand Tu Fu ou bien jardinier de la Cité interdite.

 

 
=> Rendez-vous demain pour découvrir le poème de Carl Norac
en écho à l'illustration de Ingrid Godon
 

Carl Norac
Editions A pas de loups
- avec l’aimable autorisation du poète et de l’éditrice -

 

 
PhotoPoème#7, Le poème inédit pour le Printemps des Poètes

En raison de la situation sanitaire exceptionnelle et en particulier de la fermeture des établissements scolaires,
PhotoPoème#7
se poursuit au-delà des dates prévues

 


Carl Norac - Petit poème pour y aller
Un poème, parfois, ce n'est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau
dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d'un bateau suivie
par des oiseaux ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui te parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue : 
"Sois libre et ne te tais pas !"
Un poème parfois, ce n'est pas grand-chose.
Pas une longue chanson
mais assez de musique pour partir
En promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C'est un aller qui part sans son retour
Pour voir de quoi le monde est fait.
C'est le sourire des inconnus
Au coin d'une heure, d'une avenue.
Au fond, un poème, c'est souvent ça,
De simples regards, des mouvements de lèvres, 
la façon dont tu peux caresser une aile, 
une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras
"Courage, sur le chemin que j'ai choisi, j'y vais, j'y suis !"
(Rendez-vous demain pour la suite...)